Le tourisme français.. on est les meilleurs, mais chuuut!

france bande a partJe viens de lire un excellent article de Jean-Claude Morand sur la regrettable absence des Français aux comités scientifiques des conférences internationales dédiées au tourisme (merci Arnaud).
Je ne ferai pas de reprise de l’article ici, que je vous invite donc à lire, mais soulignerai seulement que pour que nos représentants osent (ou daignent ?) aller confronter leurs connaissances, points de vue, expertises, bonnes pratiques, etc. en de telles assemblées, encore faudrait-il qu’ils en aient une parfaite connaissance et… qu’ils en aient envie, tout simplement !

Or, il me semble d’une part, que la capitalisation du savoir, la mémoire opérationnelle de nos savoir-faire ne sont pas valorisées / centralisées et d’autre part, que les benchmarks internes (en France) ou externes (à l’étranger) trop peu réalisés (en tout cas sans ampleur suffisante, régularité ni inscription dans la durée), ce qui nous ramène au constat (que monsieur Morand fait aussi dans son article) d’une politique d’intelligence économique insuffisamment structurée et dotée de moyens.

On parle beaucoup entre nous de l’excellence de nos savoir-faire, de notre capacité à innover (au fait, quel est l’état de l’innovation dans le tourisme en France?… autre sujet d’un futur article), nous publions moult articles et ouvrages prospectifs sur le tourisme en 2020, le tourisme du XXIème siècle, etc., mais peinons toujours à exporter notre ingénierie, rechignons toujours à aller présenter notre fameuse valeur-ajoutée à nos collègues/concurrents étrangers. Et ces colloques internationaux, s’ils sont l’occasion de benchmarker, sont aussi l’occasion de contribuer au rayonnement international de notre industrie.

Comment ne pas faire le lien, dès lors que l’on parle innovation et prospective, avec une actualité : proposée en juillet 2006 à Gréoux-les-Bains (je peux témoigner j’y étais :) ), lancée en 2008, l’association de préfiguration de l’Institut Français du Tourisme, sera – enfin – définitivement constituée le 30 septembre prochain.

L’Institut se propose de rassembler les acteurs de tous types autour de la même table, pour « améliorer la performance collective de la France ». Et c’est ici qu’il faut remarquer que l’association « s’est également dotée d’un Conseil scientifique et professionnel [NB : présidé par Jacques Marseille] qui a notamment pour missions d’effectuer une veille permanente sur les évolutions sociologiques et technologiques du secteur, d’évaluer l’adéquation de l’offre de formation à la demande dans les métiers du tourisme et de stimuler les programmes de recherches applicables au tourisme ».

Ce sont là des enjeux fondamentaux, prioritaires et stratégiques et l’on entrevoit bien les synergies qui peuvent être réalisées avec les objectifs et moyens d’Atout France notamment (mais pas que, il n’y a qu’à voir la liste impressionnante des membres du Conseil d’Administration !). Même s’il s’agit plus d’un “réseau de pôles d’excellence“, la question qui se pose alors est celle de la réalité des ressources mobilisées pour poursuivre une telle ambition : quelle est la feuille de route à 1, 3, 5, 10 ans ? quel est le budget ? quels sont les moyens humains mis à disposition ? Promis, j’essaye d’obtenir des réponses pour un prochain billet !

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